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Les salaires des patrons du cac 40 sont-ils trop élevés ?

Les grands patrons du cac 40 sont généralement payés plus de 100 fois le salaire des employés en bas de l’échelle. Il est ainsi facile de crier au scandale en dénonçant ce grand gouffre entre les émoluments, que de prendre un recul et étudier le sujet de manière plus économique que sociale.

Le camp des « pour »

Le salaire moyen des dirigeants des 40 entreprises les mieux cotées en bourse a affiché une hausse de 10 % en 2014. Cette augmentation cache pourtant des disparités avec aussi bien des évolutions à la hausse qu’à la baisse et à la stagnation. Ceux qui approuvent les très hautes rémunérations des patrons du cac 40 argumentent surtout sur les critères de performance de la gestion et le modèle économique d’une entreprise de grande envergure.

Choisis par le conseil d’administration composé d’actionnaires-propriétaires, le dirigeant et son salaire semblent alors ne pas avoir leur mot à dire. Selon les « pour », Mr Tout le monde a beau s’indigner, les actionnaires ont le droit de fixer le salaire du PDG s’ils le jugent compétent. Plus important encore, dans la mesure où l’entreprise vise plus de rentabilité, plus de dividende à verser et une capitalisation boursière améliorée, le manager qui aura atteint ces objectifs pourra être payé autant.

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Les « contre »

D’un point de vue socio-économique, l’écart trop flagrant entre le salaire du grand patron et celui de l’employé productif est quasiment indécent. Cette constatation morale peut aussi s’expliquer économiquement : un salarié au SMIC qui produit de ses mains prend 100 fois plus de risques et ne gagne que 100 fois moins que son patron. À l’inverse, le dirigeant de cac 40 a plusieurs conseillers, risque moins pour ses revenus grâce aux « parachutes dorés », aux stock options et aux actions gratuites. En plus, il ne travaille pas autant par rapport à son employé.

Si l’on se penche sur la rémunération de la performance, les grands patrons jugés sur la hausse des cours des actions de l’entreprise n’y ont peut-être même pas participé. L’évolution des taux d’intérêt, la croissance générale, les crises inopinées de certains pays, ainsi que la mondialisation sont effectivement autant de facteurs qui pourraient influencer sur la capitalisation boursière de la firme.

Quoi qu’il en soit, il est difficile d’évaluer les efforts d’un manager par rapport au cours d’une action boursière pour avoir une idée de la légitimité de son salaire. On ne pourra pas non plus juger de ses compétences par rapport à son concurrent direct, si ce dernier dirige une entreprise cotée sur une autre place boursière.

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